Vigneron et fondateur du Vignoble Rivière du Chêne à Saint-Eustache, Daniel Lalande fait partie de la première génération de vignerons ayant participé au développement du vin québécois. Plus de 25 ans après la fondation du domaine, il partage ce que le métier lui a appris : savoir pourquoi on se lance, accepter de s'adapter et continuer d'avancer, millésime après millésime.

Pourquoi devenir vigneron?

Si je pouvais donner un conseil à celui que j’étais au moment de me lancer, je lui dirais d’abord de bien comprendre pourquoi il veut faire ce métier.

Il faut se lancer en affaires pour soi-même, parce qu’on croit profondément à ce qu’on construit. La reconnaissance des autres fait plaisir, bien sûr, mais elle ne peut pas être la seule chose qui nous pousse à avancer.

Quand les défis arrivent, c’est notre propre conviction qui nous permet de tenir bon.

Être vigneron, c’est bien plus qu’un travail. C’est un mode de vie. On se lève en pensant à la vigne, on passe la journée les mains dedans et, le soir, on réfléchit déjà à la suite.

Il faut aimer cette réalité, aimer les défis et avoir peut-être un petit brin de folie pour choisir de bâtir une entreprise dans ce domaine.

La passion est essentielle, mais il faut aussi accepter que les choses ne se dérouleront pas toujours comme on l’avait imaginé.

Faire partie des pionniers du vin québécois

En 25 ans, j’ai fait des erreurs. Certaines décisions que j’ai prises à mes débuts, je les prendrais autrement aujourd’hui.

C’est normal : nous faisions partie d’une première génération de pionniers du vin au Québec. Nous avons planté des vignes, appris à connaître notre territoire et trouvé notre chemin en avançant.

Il faut avoir l’humilité de reconnaître ce qui peut être amélioré, puis la volonté de s’adapter.

Comment le métier de vigneron évolue-t-il?

Les connaissances évoluent. Les technologies aussi.

Un vigneron doit rester curieux et être prêt à revoir ses façons de faire. C’est un métier où l’on continue constamment d’apprendre.

Faire du vin me rappelle un peu le parcours d’un athlète. Chaque millésime est le résultat d’une année de travail, mais aussi un nouveau point de départ.

On le déguste, on voit ce qu’on a réussi et on cherche ce qu’on pourra faire encore mieux.

Cette quête ne s’arrête jamais. C’est ce qui rend le métier exigeant et, pour moi, si passionnant.

Le vin québécois se construit aussi collectivement

J’ai également appris qu’on ne réussit pas seul.

Il faut s’entourer de bonnes personnes, capables de contribuer au projet et de nous aider à traverser les périodes plus difficiles.

Pour que les vins du Québec prennent toute leur place, nous avons également besoin d’une industrie mobilisée, d’associations qui nous représentent et de l’appui des gouvernements.

Il faut continuer à parler de nos vins, à défendre l’achat local et à travailler pour qu’ils soient plus accessibles aux consommateurs.

Quel conseil donner à quelqu’un qui rêve de devenir vigneron?

Je lui dirais simplement : sachez pourquoi vous le faites.

Cette réponse ne fera pas disparaître les obstacles, mais elle vous aidera à vous relever, à apprendre et à continuer d’avancer.

À propos de Daniel Lalande et du Vignoble Rivière du Chêne

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